• Il y a cette chaleur écrasante, malgré le fracas de la pluie, qui se brise contre les parois en fonte des gratte ciels. Les ensembles massifs de la ville prise sous cette prison de chaleur et d’humidité me donnent cette singulière sensation de flotter. En ville, il n’y a pas d’horizon et encore moins d’issues, ce paysage gris d’acier embué permet de voir sans être vu et de plonger quiconque dans la solitude peuplée des mégalopoles.

     

    Soudainement, et comme si elles avaient toujours été en moi, j’ai en images les senteurs d’essences mêlées à la transpiration de la ville, l’odeur du bitume mouillé, le feu du soleil battant sur un par terre goudronné, faisant ressortir des effluves de rhum fraichement dégueuli. 

    Ma mère me tire la main, m’ordonnant de me dépêcher pour je ne sais quelle raison. À reculons j’observe les lumières des buildings voisins, de grands rectangles d’électricité pâle entourés par de ténébreuses vapeurs brunes.

     

    En bas des tours, ou alors quelques rues plus loin, s’échappent des fragrances de pains au chocolat et de croissants chauds, étouffant le remugle de la ville. Prise d’une étrange frénésie, ma mère resserre son étaux autour de mon bras et accélère le rythme, me faisant valser de droite à gauche. Avec la vitesse, l’agglomération faite de droites et de parallèles, efface peu à peu son propre désert de verre et de métal, révélant alors une nuit tombante et délicieuse faisant bruisser les rares arbres chargés de rossignols. 

     

    Les crépitements des lampadaires qui peinent à s’allumer viennent ajouter de la douceur au paysage et les phares des voitures semblent danser comme des météores orange dans le ciel noir. Je me sens alors démesurément petite, insignifiante, perdue dans le "trop grand", dans ces bruits saisissants, une énergie différente se créé entre deux ronronnements de moteurs et je crois deviner comme une évidence, comme une familiarité. 

    L’espace d’un instant, j’ai cru entrevoir la ville de mon enfance.

     

     

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  • Le verdict est tombé. Je le savais depuis longtemps, on me le disais de toute façon. Mais ça fait bizarre de voir griffonner sur mon arrêt maladie, « dépression ». Et les mots du docteur qui résonnent encore un instant quand je quitte son cabinet « Il serait peut être bon d’aller hum, en clinique ». Je suis sortie soulagé. Soulagé qu’enfin quelqu’un reconnaisse mon état et qu’on ne s’évertue pas à me dire qu’il s’agit d’un trait de caractère (Quel trait de caractère songe à se jeter par la fenêtre « every morning » ?) ou d’une « dépression saisonnière ». Le pire c’est les « on dirait pas ». Parce-que je passe mes journées à me battre, contre moi même, pour les cours, pour ne pas que les autres voient que je me noie dans l’immonde, dans le dégueulasse.

    Les choses replacées dans leurs contextes, je me sens mieux. Je suis ce que je suis, pour l’instant.

    Je sens que les choses vont s’arranger, non pas parce-qu’elles s’arrangent toujours, pour moi, d’une manière ou d’une autre. Mais parce-que, je ressens un regain d’énergie, cette rage qui m’animer il y a trois ans, cette même force que j’ai ressenti quand on m’empêchait de dire tout ce que j’avais à exprimer et qui se transformé en plaisir aigu et brutal d'avoir à vaincre un quelconque antagoniste, de l'écraser, de le mépriser, de le rendre si petit qu'on ne peut  s'empêcher de se sentir puissant.

    Mes S.O.S de ces 3 ans n’ont jamais entendu, et cette année ponctuée d’aller et retour aux urgences, m’a fait réaliser que je ne regrette pas les choix que j’ai pu faire, le « qui dégage, qui reste ». Peut être aussi que ce soir, j’ai le coeur léger car la rentrée scolaire est encore loin pour moi, et que cette année en plus d’être redoutable au vu de mon état psychologique, n’a pas arrangé les choses avec un rythme de 8h-3h30 du matin sans pause et avec un repas par jours. J’ai d’ailleurs perdu plus de poids qu’il n’est recommandé d’en perdre et est réalisé que les gens ne sont jamais contents : « trop musclée », « trop grosse », « trop maigre ».

    J’ai décidé de m’en foutre. Et je m’en fous. Je m’en fous quand le médecin tire la tronche en voyant le poids, en dessous de mon IMC (aah l’IMC, cette chose imprécise), sur la balance. Quand il me dit que je suis trop maigre sans se soucier de si, moi, je suis bien comme je suis. Je m’en fous. Laissez mon corps tranquille, laissez nos corps d’hommes et de femmes tranquille…Foutez nous la paix.

     

    L'esprit défoncé par la lucidité

     

    Sinon j'ai monté avec des potes un collectif de design graphique qui se porte plutôt bien pour l'instant. On a pleins de commande ! C'est motivant. Motivant d'être sur d'être dans la bonne voie et de faire des choses que l'on aime, qui nous plaise. Je crois que d'un côté, j'ai aimé souffrir ce travail. Le sentiment de s'être donné à fond pour un travail me procure une satisfaction assez ineffable et l'envie de toujours faire mieux fait que, je crois, je ne m’ennuierai jamais. Il aura fallu le temps que je me réconcilie avec mais, me voila passionnée de design graphique (comme en témoigne le sublime webdesign de ce blog abandonné)

     


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  • Recherches de personnage pour un jeu vidéo


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    J'ai rentré mes voeux un peu à la va vite sur postbac. Me disant "pff design graphique option médias imprimés ou options médias numériques, aucune différences". Que je suis con, of course en numériques on fait du motion design et le motion...ben c'est cool mais c'est moins simple que le print. Bref, first vidéo sur after effect.


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