• Le spleen est un adversaire plus impitoyable que l'Union soviétique

    Le metro part.
    Triste signal sonore, quelques retardataires qui courent et les portes oranges qui se referment avec fracas.
    J'ai toujours aimé prendre le métro. C'est le lieux ou les gens prennent conscience de ce qu'ils sont, ils laissent leurs optimisme et leurs joie de vivre sur les quais, et c'est une fois assis sur des sièges bleu inconfortable qu'ils font le bilan de leurs vies. Que dis-je, de leurs sombre vies. Je les regarde tous avec curiosité, je me sens moins seul dans le métro, dans ce grand bus souterrain ou la tristesse est partagé. Tous tire la gueule, personne ne se regarde, certains ont le visage appuyé contre la vitre, l'air absent. Et pourtant il n'y a pas plus grand lieux de partage que le métro. Un partage émotionnel, un partage de petit malheurs et de grandes tristesse, et tout ça sans ce dire le moindre mots, sans même échanger un regard.
    A chaque station, les wagons se vide, et les gens reprennent le cours de leurs existence ainsi que les bagages qu'ils avaient laissés sur les quais. Ils ont en de la chance, moi mes bagages ont disparut un matin de printemps. Comme tous les jours je prenais le métro directions Valray en Soie et comme la coutume l'exige, j'y avait laissé sur le quai mon optimisme et ma joie de vivre. Mais arrivé au terminus plus rien ! J'avais été volé !
    Pillé emotionnellement par un gang de dépressif mis sous anxiolytique. Et je suis resté quelques longues minutes sans rien dire, et puis je suis entré dans une nouvel ère, l'ère du vide.

    Le spleen est un adversaire plus impitoyable que l'Union soviétique

    Jerry


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