•  Je pense soudainement à cette récente histoire, entre l’Autre, la Catin et moi même. Des années d’erreurs. De manipulation. De colère.
    Mais que faire de neuf ans d’amitié ?
    Je crois qu’il ne faut jamais sous estimé la capacité des autres à nous décevoir !

    Cela fait longtemps que je n’ai pas vu l’Autre, je n’arrive même plus à le visualiser, il se déshumanise, se décompose, à quoi ressemble-il déjà ? Qui-est-il ?
    Qui-est-il ? L’Autre est devenu ce qu’il tendait à devenir. Rien de beau. Rien de bien. Sans doute sous l’influence de la Catin, femme adultère et socialement inadapté dont chacun connaît déjà le tragique avenir.
    Lame de rasoir, veines, sang, verre de bloody mary et mort.
    Amen. Une bien petite perte qui pourrait, sans doute, être évité à l’aide d’une bonne combinaisons d’antidépresseurs. Ma fois. Chacun ses priorités.

    A une époque, l’Autre me tenait. Il le savait. Chacun des mots sortant de sa bouche m’anéantissait. Je voyais dans l’autre, un garçon au potentiel intellectuelle sur développé, j’étais perdu, entre deux brumes  et il a commencé à me noyer. A l’aide de petits riens. De regards, de gestes et de mots.
    Des rabaissement continuels, des doutes omniprésent sur mes capacités.
    En neuf ans d’amitié, il n’a jamais reconnus ses actes. Utilisant, comme tout bon passif-agressif la carte de l’humour et celle de mon manque d’autodérision.
    J’ai longtemps été conciliante, reconnaissant volontiers que je l’avais malmené, et que, peut-être, au fond de sa carcasse se trouvait un coeur qui pouvait être vexé par mon comportement vindicatif.

    J’ai abandonné ma colère et ma rancune et je me suis laissé tenté par la bienveillance. J’ai commencé à le défendre, envers et contre tous, à lui faire des compliments, à l’encourager.
    Rien n’a changé.
    Les rabaissements sont devenus de moins en moins subtiles, les remarques sur mes capacités intellectuelles aussi.
    Cet hiver j’ai réalisé à quel point il ne donnait jamais rien, à quel point il était égoïste. Je n’ai eu comme cadeau d’anniversaire que deux paquets de Marlborough light convertibles, que je semblais lui arraché à contre coeur. Tandis que moi, candide-bonne-pâte, je dépensais sans compter plus d’une centaine d’euros en vêtements pour son « happy birthday ».

    Décembre, décembre, décembre, tout deviens clair.
    L’Autre n’a jamais été un ami. Il n’a jamais rien été. Je le vois enfin, hybride, flasque, terne, mort.
    Vous sentez ? L’odeur putride d’une amitié avorté ?
    Face à mon silence, le pathétique. L’Autre enchaîne une succession d’actes ridicules et lamentables. Mensonge. Mensonge. Mensonge. Les gens rient de lui, viennent me voir en me disant qu’il cherche encore à faire son intéressant.
    Je le sais bien. Toute sa vie il aura besoin du regard des autres, cherchant une  approbation immortelle.
    "Si ça se trouve on existe seulement s'il reste quelqu'un pour nous voir. » L’éternel leitmotiv de l’Autre, narcissique, apeuré de disparaître dans le silence et l’obscurité.

    La Catin semble avoir fait de lui une merde, mais s’il est content, c’est l’essentiel.
    A contrario de l’élue du cœur de l’Autre, je ne me laisse pas aller aux insultes quand je suis blessée. Je vaux mieux que ça. Je suis au dessus de tout ça.
    Je suis a des années lumière d’une Catin tenue en laisse, qui finira certainement par épouser le chirurgien qui aura réussit à lui refaire le nez.
    A des années lumière d’un Autre orgueilleux, manipulateur et menteur.
    Je n’ai plus rien à dire, je suis déjà loin.
    Bon vent.




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  • Je recherche dans les grandes mégalopoles, l'absence criante d'humanité.
    Perdre mon individualité, être groupe, être masse. M'égarer dans les colonnes de fonte aux hauteurs colossales, disparaître. La puanteur de l'essence. La puanteur de la ville. La transpiration. Le métro. Les regards vides. La routine. Se sentir démesurément petit. Insignifiant. Le désespoir à chaque pas, perdu dans le béton. Perdu dans le "trop-grand", dans ces bruits saisissants.

    J'aime dans les grandes mégalopoles l'absence, l'abandon. L'abandon de soi, à la ville, dans la ville. L'absence de nature me va à ravir. Je suis née dans la ville, je suis ville. La nature m'effraie, le bitume me rassure.



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  • Elle m’a filé la nausée.
    Elle était là, devant moi, squelettique, cernée, les cheveux gras et décoiffé.
    Elle pleurait et semblait chercher dans mes bras un certains réconfort que je n’étais pas à même de lui donner.
    Face à ses larmes je devenais le monstre, l’être sordide dépourvue d’empathie et qui soupire à chacun de ses sanglots.
    Pourquoi n’accepte elle pas la solitude ? Pourquoi n’accepte-elle pas de vivre dans le chaos ?
    Je lui ai alors rappelé que rien n’était joyeux ici bas, mais que rien n’était vraiment grave non plus.
    Elle a pris ma main et l’a serré. Je sentais ses doigts osseux chercher un peu de chaleur humaine au contact de ma peau,
    mais je crois que ses trente dernières années de scotch, lui ont fait oublier que j’étais mort.


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