• Debout les mort !

    ET TOUTES NOS PENSÉES SERONT NOIRES

    L'ambiance y est.
    Papier peint à moitié arraché, traces de cigarette sur les murs, et quelques bouteilles de scotch éparpillé dans ce capharnaüm. Allongé, je regarde le plafond en crachant pour une dernière fois des spirales de fumée que je disperse dans la pièce. Je ne laisse pas grand chose derrière moi, juste des maux et un tapis bleu sali par ces quelques larmes qui éclatent le long de mes poignets. Ma cigarette arrive à son terme, ça y est, c'est terminé. Ma dernière pensée sera pour Dali :"
    Je réclame une vie dans l'au-delà avec persistance de la mémoire. Je veux bien renoncer aux béatitudes éternelles pourvu que dans l'éternité je me souvienne de tout".
     Pourvu, oui pourvu,  que je ne me souvienne de rien.


                                *
    Je suis vivant. 
    Respiration faible, rythme cardiaque lent  et cette insoutenable relent d'hémoglobine qui me remonte au visage. Je me redresse avec peine et gratte mes quelques escarres aux poignets, quand je suis soudainement  pris par des  contractions au diaphragme. Par réflexe ou bien peut être par habitude, qui sait, je me dirige vers les toilettes pour y dégueuler mes plus noires névroses. Mais rien ne sort. La faute certainement  à toutes ces années d'introversion. J'incline plus profondément ma tête dans la cuvette et nous y voilà, toutes mes frustrations, mes colères et mes vices s'échappent de cette gorge qui commence déjà à me brûler, irriter par cette vidange charnel. Je me rince la bouche avec de l'eau froide, parce-que à défaut de n'avoir aucune considération pour la vie humaine, j'en ai encore un minimum pour l'hygiène. Je m'en vais ensuite à la recherche d'un fond de bouteille de scotch, pour tenter de réparer mon existence, mais à peine entamai-je ma quatrième gorgées que mon réveil rugit dans l'air, m'indiquant par ces cris suraiguës, qu'il était l'heure que je me lève.
    Ha oui ! Nous sommes lundi matin et je n'ai d'ailleurs aucune envie d'aller travailler. Mais bon, comme  le disait Scarlet " pour vivre pleinement, il faut bosser".
    J'ai  souvent songé à démissionner.
    Je soupire longuement en cherchant quelques vêtements et une fois habillé, je me regarde comme à mon habitude dans le miroir. J'ai depuis longtemps arrêté d'y rechercher la moindre manifestation de beauté, car j'ai depuis longtemps pris conscience de cette terrible  laideur qui m'incarne. Les rares personnes à qui j'ose parler de mon mal être face à ma déficience esthétique m'ont répondu sans hésitation par le politiquement correct :
    - " Mais non, il ne faut pas dire ça, et puis tu sais la beauté est une notion subjective".
     Mais comment leur dire à tous ces gens que dès ma naissance, ma mère, horrifié  à la vue d'un petit garçon si laid, décida de l'abandonner et d'élever le placenta à la place ? Enfin, c'est ce que me disait les autres garçons du foyer dans lequel j'étais placé. Mais bon, l'horloge tourne et pas le temps de me laisser aller à la nostalgie, j'affiche un sourire lointain, allume une cigarette et prend mon livre du moment "debout les morts" de Fred Vargas pour m'occuper dans le métro.


                          *


    Il pleut.
    Humidité ambiante, mauvaise humeurs des passants et cette flopée de parapluies noir qui attriste le paysage.
    Cette averse va me décoiffer, mais c'est là l'un des réelles avantage à être laid :" un peu plus ou un peu moins, personne ne le remarque". J'aime bien la pluie, j'ai l'impression que chaque goutte est une larme de Dieu qui, en s'éclatant sur mon visage, m'absout de mes plus grands pêchés. Alors la commissure de mes lèvres s'agrandit légèrement et je dois être une des seule personne à sourire sous cette pluie diluvienne. Mais très vite mon mal être me rattrape et je m'enfuis dans mes souvenirs pour me rappeler de à quel point c'était mieux avant. Car ça l'étais ! Je repense à Lou, dont j'étais démesurément amoureux, nous avons eu une courte histoire. Je pensais, un peu fleur bleu, qu'elle était la femme de ma vie, elle, elle  se donnait juste bonne conscience en sortant avec moi, comme pour dire que pour embrasser un visage pareil, il fallait être tout  sauf superficielle. Mais elle l'était, et je compris avec le recul que nous n'avions rien en commun, si ce n'est peut être la passion pour les glaces à la vanille.
    Mais peut on construire une relation équilibrée et stable sur l'amour des produits laitiers ?

     

    Debout les mort !

    (Le dessin n'est pas de moi)

     

    Un texte que j'écris, faut que je modifie pleins de trucs tout pourris...M'enfin, m'enfin.


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